Les Cévennes, notre nature
Le Circaète Jean-Le-blanc
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Un petit regard vers les ciels d’été chauffés à blanc et vous apercevrez peut-être un oiseau, rapace de grande taille (ailes ouvertes 185/195cm !), rare oiseau de proie à fréquenter assidûment les reliefs cévenols.

En effet, hormis la buse variable que beaucoup connaissent et présente en Cévennes en très faible effectif, le Circaète Jean-Le-Blanc, puisque tel est son nom, ressemblant plus à un aigle par sa taille et sa silhouette vient en résidence d’été à partir de mi-mars, voire avril, jusqu’à mi-octobre. Cette espèce commune, en petit nombre toutefois sur l’aire cévenole, et bien représentée ailleurs en France méridionale et dans le sud de l’Europe, passe l’hiver en Afrique sud-saharienne et ne revient qu’à partir du moment où la température suffisamment élevée permet à tous les reptiles de sortir de leur léthargie.

En effet, le Circaète est exclusivement prédateur des lézards, couleuvres, vipères et autres grenouilles. Les couples en général fidèles élèvent un jeune par nid et peuvent consommer jusqu’à 5 reptiles par jour !

Ainsi le voit-on, et est-ce là l’une de ses caractéristiques, planer immobile, dit aussi « vol en saint-esprit », porté par des ascendances thermiques ou des turbulences aux flancs des reliefs, en affût sur un territoire de chasse très étendu et parfois plonger, ailes repliées avant une ultime ressourceŠ Le revoit-on peu après s’élever, avec un peu de chance, un serpent, bout de corde inerte, dans les serres !

Cet oiseau n’est donc absolument pas prédateur des mammifères, aussi petits soient-ils, hormis quelques petits rongeurs et oiseaux si l’été est très humide (ce qui ne semble pas concerner la Cévenne !

Outre ces caractéristiques liées au mode de chasse, son plumage en dit plus sur son identité. A savoir un oiseau, souvent vu de dessous (hélas pauvres Icares !) presque blanc, sauf la tête sombre et massive. Ses ailes sont plutôt rectangulaires (rien à voir avec les « pointes » des faucons et busards) et longues de même que les rectrices (les plumes de la queue) bien dégagées du corps. Son régime alimentaire l’oblige donc à quitter nos zones tempérées pour une grande migration d’automne.

Le secteur cévenol convient bien à cette espèce dans la mesure où le climat est nettement chaud, le relief accidenté, suffisamment boisé et découvert à la fois pour permettre et sa nidification à l’écart de tout dérangement et la chasse « à vue » : le Circaète a une paire de « mirettes » énormes qui, transposées chez nous humains, nous verrait dotés de pamplemousses à la place des yeux !

Comme beaucoup d’autres animaux en général, et oiseaux prédateurs en particulier, il fréquentera d’autant plus volontiers les zones types cévenoles dans la mesure où l’agriculture n’y est pas intensive (ni même extensive hélas aujourd’hui) et n’entame pas son capital de proies disponible.

Texte de Lionel Roubin

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