L'ancien hôpital de
St Germain de Calberte
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La communauté religieuse qui fut à l'origine de Saint-Germain-de-Calberte, il y a environ sept siècles, avait fort bien choisi son implantation, sur un petit plateau, à flanc de montagne, à 500 mètres d'altitude, à l'abri du vent du nord, particulièrement froid en Cévennes.

Cette situation climatique privilégiée a certainement contribué à inciter un nommé Bertrand, de la maison de Calberte, à créer, dès 1321, un hôpital, que nous appellerions hospice, destiné à recevoir les malheureux de la contrée.

Situé à l'ouest de l'église, à l'emplacement de l'aile A de l'ancienne colonie de vacances, cet hôpital a pu fonctionner durant tout le Moyen Age grâce à d'importantes libéralités.

Jusqu'aux environs de 1700, les bâtiments semblent n'avoir subi que peu de transformations. De même, le puits-citerne, profond de six à sept mètres et situé devant le bâtiment D, a certainement alimenté en eau potable, en plus de l'hôpital, la population de Saint-Germain pendant plusieurs siècles.

Au cours de la Guerre des Camisards, Saint-Germain ayant servi à la fois de vilage de regroupement pour les habitants des hameaux voisins, systématiquement détruits, et de cantonnement à une importante garnison, l'hôpital dut se révéler insuffisant. En effet, dès la fin de cette guerre, sa réorganisation était entreprise avec les fonds légués par la marquise de Portes.

La première pierre de travaux d'agrandissement fut posée le 19 avril 1714 par A.Malafosse, curé de la paroisse, en présence du clergé des paroisses environnantes.

En même temps, une nouvelle Commission Administrative était mise sur pied. Elle comprenait les curés de paroisses de Saint-Germain-de-Calberte, Saint-André-de-Lancize, Saint-Hilaire-de-Lavit, Saint-Michel-de-Dèze, Saint-Frézal-de-Ventalon, Collet-de-Dèze, et Saint-Julien-des-Points dont les paroissiens, malades avaient droit au nouvel hôpital.

Les bâtiments de ce dernier, terminés, avaient à peu de chose pr¸s, leur forme actuelle. Leur capacité était de l'ordre de quarante à cinquante personnes. Détail important pour l'époque, cet hôpital avait une fosse septique collective, raccordée à l'égout de la calçade, aménagée dans le sous-sol du bâtiment B (cette fosse fut découverte lors des travaux d'aménagement de la colonie de vacancess).

Le service des malades était assuré par des soeurs de Saint-Vincent-de-Paul. Trois supérieures se sont succédées de 1714 à 1791: Anne Verdelhan du Poujol mourut le 10 juin 1753 après avoir assuré son service pendant trente-neuf ans. Marie Privat de Calberte, qui secondait Anne Verdelhan du Poujol, lui succéda jusqu'à sa mort, le 26 novembre 1762. Marie Chas, originaire de Moulès (Saint-Michel-de-Dèze) fut supérieure de 1762 à 1701, date à laquelle l'ôpital fut aliéné au profit d'une nouvelle institution: le Bureau de Bienfaisance. Il devait rester la propriété intégrale de ce Bureau jusqu'uen 1955.

Par décision du Directoire du reteillement utilisé, en février 1951, 53 et 54 pour des cours d'enseignement ménager agricole.

La vétusté des bâtiements s'aggravant rapidement, la Commission Administrative du Bureau de Bienfaisance décide de les mettre en vente.

Par acte du 28 août 1955, la commune de Saint-Germain-de-Calberte achète, pour 3050,40 F, le bâtiment D puis le 15 novembre 1956, le bâtiement C pour 1000 F, afin d'y créer une classe d'enseignement agricole et le logement d'un instituteur. Enfin, le 6 ocotbre 1959, le restant des bâtiments est vendu pour la somme de 500 F au Comité Départemental de la Jeunesse au Plein Air du Maine-et-Loire afin d'y créer une colonie de vacances.

Depuis cette date, les bâtiments A et B ont été entièrement rénovés et reçoivent chaque année, durant les grandes vacances scolaires, trois séjours de trente à quarante enfants ou adolescents et le personnel de service.

En dehors de cette période, le bâtiment où se trouvent notamment la cuisine et le réfectoire de la colonie, est prêté à la commune de Saint-Germain-de-Calberte pour servir de cantine scolaire.

Les bâtiments C et D restent la propriété de la commune de Saint-Germain. Actuellement le bâtiment C abrite l'infirmerie et les douches de la colonie et le bâtiment D est loué à un ménage d'employés communaux.

Ainsi, cet ensemble de bâtiments continue, comme par le passé, à être étroitement lié à la vie de notre village.

texte d'Elysée Liquière

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